
Le 5 septembre 2025, un arrêté royal publié au Moniteur belge est venu acter une réforme majeure des dispositifs de fin de carrière. Il consacre la suppression quasi totale du régime de chômage avec complément d’entreprise (RCC), anciennement appelé « prépension », et introduit parallèlement des conditions plus strictes pour le crédit-temps fin de carrière.
Suppression définitive du RCC : une réforme d’ampleur
Le RCC est désormais supprimé pour la grande majorité des travailleurs. Seul subsiste, de manière temporaire, le RCC pour certains travailleurs âgés moins valides ou ayant des problèmes physiques graves.
Faute de texte coordonné, les mesures en vigueur se présentent comme suit :
- Le RCC régime général est supprimé depuis le 1er avril 2025
- Le RCC pour les carrières longues est supprimé depuis le 1er juillet 2025
- Le RCC pour les métiers lourds est supprimé depuis le 1er juillet 2025
- Le RCC en cas de restructuration est supprimé depuis le 1er mai 2025
Un régime transitoire était prévu mais nécessitait un licenciement avant les dates susmentionnées, avec la condition d’âge remplie au 30 juin 2025.
Une seule exception maintenue : le RCC médical
Le RCC pour travailleurs moins valides ou souffrant de problèmes physiques graves reste accessible, mais uniquement jusqu’au 30 juin 2029 et sous conditions strictes. Pour y prétendre, le travailleur doit :
- être reconnu comme moins valide par une instance compétente ou avoir des problèmes physiques graves qui ont été occasionnés intégralement ou partiellement par son activité professionnelle et qui entravent significativement la poursuite de l’exercice du métier (ou confrontation à l’amiante) et qui ont été reconnus par FEDRIS ;
- avoir 58 ans pendant la durée de validité de la convention collective de travail nationale applicable ;
- justifier de 35 années de carrière professionnelle au moment de la fin du contrat de travail ;
- être licencié, sauf pour motif grave, pendant la durée de validité de la convention.
Un suivi par la Commission « métiers lourds » et un quota maximal de 1.200 bénéficiaires par année civile restent prévus. Une fois ce plafond atteint, plus aucun nouveau RCC médical ne pourra être accordé pour l’année concernée.
Crédit-temps fin de carrière et crédit-temps avec motif
Depuis le 1er janvier 2026, les travailleurs à temps plein dont les prestations sont organisées sur moins de cinq jours par semaine ont eux aussi la possibilité de diminuer leur temps de travail d’un cinquième, à condition qu’une convention collective de travail sectorielle ou d’entreprise ou un accord écrit soit en vigueur.
Conditions plus strictes pour le crédit-temps fin de carrière
Si l’âge d’accès au crédit-temps fin de carrière reste fixé à 60 ans, la condition de carrière professionnelle est, quant à elle, progressivement allongée :
| Age | Passé professionnel | ||
| H | F | ||
| 2026 | 60 | 31 | 26 |
| 2027 | 60 | 32 | 27 |
| 2028 | 60 | 33 | 28 |
| 2029 | 60 | 34 | 29 |
| 2030 | 60 | 35 | 30 |
Crédit-temps fin de carrière dès 55 ans : régime dérogatoire durci
Le régime dérogatoire permettant, dans certains cas spécifiques, de bénéficier d’un crédit-temps fin de carrière avec allocations de l’ONEM à partir de 55 ans demeure, mais il est désormais assorti de conditions supplémentaires. Le travailleur devra en effet justifier de 35 années de carrière,
ou justifier de 25 années de carrière s’il se trouve dans l’une des situations particulières expressément prévues par la réglementation.
