Quel sort pour l’AIP ?

1.

Vous l’avez sans doute entendu dans la presse, la FGTB avait initialement rejeté l’AIP à une courte majorité (56% des voix contre).

La FGTB argumentait sa position de rejet comme suit :

  • Revalorisation nettement insuffisante des salaires minimums ;
  • Marge salariale de 1,1% non proportionnelle à l’augmentation de la productivité ;
  • Absence d’avancée notable en matière de formation et de travail faisable alors que le nombre d’heures supplémentaires (volontaires) a en revanche bien été relevé.

Le Président de la FEB avait néanmoins demandé au Gouvernement de mettre cet accord intégralement en œuvre : “Une large majorité des syndicats et l’ensemble de la délégation patronale ont approuvé l’AIP. Cette majorité doit être respectée. C’est pourquoi une concertation intensive est actuellement en cours avec le gouvernement, afin de trouver une technique juridiquement cohérente qui permette d’exécuter les différentes parties de l’AIP par voie d’AR et/ou de CCT”.

2.

La FGTB était ensuite revenue quelque peu sur sa position, annonçant être prête à signer les mesures suivantes, précisant qu’il revenait au Gouvernement de prendre l’arrêté royal fixant la norme salariale :

  • Enveloppe bien-être ;
  • CCT sur les RCC, les fins de carrière et la mobilité.

Ainsi, un seul point ne figurerait pas dans cet AIP allégé: la revalorisation du salaire minimum.

Ce compromis avait été évoqué ce jeudi 28 mars au sein du Groupe des 10.

3.

Le Conseil des ministres a approuvé ce mardi 2 avril en première lecture le projet d’arrêté royal sur les augmentations de salaire de 1,1%.

Les différentes conventions collectives de travail mettant en œuvre l’AIP seront ensuite signées et un projet de loi pour utiliser l’enveloppe bien-être est à l’ordre du jour.

En ce qui concerne la revalorisation des salaires minimums, ceux-ci devraient augmenter de 1,1% en juillet, bien que la FGTB n’ait pas reçu le mandat de sa base pour cette hausse. Cette augmentation doit faire l’objet de négociations dans les prochains mois. Un groupe de travail entamera des discussions dès le 3 avril 2019 afin d’augmenter “sensiblement” le revenu mensuel minimum.

Nous vous tiendrons informés de l’entrée en vigueur de ces différentes textes mettant en œuvre l’AIP.